Après une première vague de fortes chaleurs accompagnée de pics de pollution à l’ozone dès le mois de mai, cette seconde moitié de juin est à nouveau marquée par des concentrations élevées d’ozone. Par leur précocité, leur répétition et leur durée, les épisodes de ce printemps et début d’été sont déjà remarquables et rappellent, à certains égards, l’été 2003.


 

Depuis le 18 juin, l’Île-de-France connaît un nouvel épisode de pollution à l’ozone qui devrait se poursuivre plusieurs jours encore. Cet épisode s’inscrit dans un contexte inédit de répétition des situations de pollution : six jours avaient déjà été enregistrés fin mai et sept autres jours sont déjà comptabilisés depuis le 18 juin. La préfecture de police a d’ailleurs mis en place des actions pour limiter la pollution et cela à partir du jeudi 18 juin, actions renforcées dès le vendredi 19 juin.


 

L’ozone est un polluant « secondaire » : il n’est pas directement émis dans l’air mais se forme sous l’effet du rayonnement solaire à partir d’autres polluants, notamment les oxydes d’azote et les composés organiques volatils émis par les transports, certaines activités industrielles ou encore l’utilisation de solvants ainsi que la végétation. Les fortes chaleurs, l’ensoleillement important et les conditions anticycloniques favorisent sa formation et son accumulation.

 

À ce stade, l’été 2026 présente des similitudes, sur certains points, avec l’année 2003, restée dans les mémoires pour sa canicule exceptionnelle et ses nombreux épisodes de pollution à l’ozone. La précocité et la répétition des épisodes observés cette année s’en rapprochent. En revanche, leur persistance est rare et même inédite si tôt dans l’année en Île-de-France.


La situation actuelle diffère toutefois de celle de 2003 par son intensité. Les concentrations maximales enregistrées cette année restent nettement inférieures à celles observées il y a plus de vingt ans. Cette évolution témoigne de l’efficacité des réglementations mises en œuvre aux échelles européenne, nationale et locale pour réduire les émissions des polluants précurseurs de l’ozone.


L’épisode concerne également de nombreuses autres régions françaises. Alors que l’été ne fait que commencer, cette situation invite à une vigilance renforcée. Elle rappelle également les liens étroits entre qualité de l’air et changement climatique, l’ozone étant à la fois un polluant de l’air et un gaz à effet de serre.