L’été 2026 a été marqué en Île-de-France par des conditions météorologiques exceptionnelles, particulièrement défavorables à la qualité de l’air. L’enchaînement de fortes chaleurs et un ensoleillement record ont favorisé la formation d’ozone, avec 16 jours d’épisodes de pollution enregistrés dans la région, du jamais vu depuis 2003. Les nombreux incendies survenus au cours de l’été ont également dégradé ponctuellement la qualité de l’air à proximité des feux.

Chaleur et soleil : des conditions propices à la formation d’ozone

D’après Météo-France, l’été 2026 est le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures en 1900. En Île-de-France, les températures moyennes ont dépassé de 3,7 °C les normales saisonnières 1991-2020, et même de 5,1 °C pour les températures maximales. Avec 912 heures de soleil enregistrées à Paris, il s’agit également de l’été le plus ensoleillé jamais mesuré dans la capitale.

Ces conditions ont été particulièrement favorables à la formation d’ozone. Ce polluant n’est pas directement émis dans l’atmosphère : il se forme sous l’effet du soleil à partir de réactions chimiques impliquant d’autres polluants, appelés « précurseurs », notamment les oxydes d’azote et les composés organiques volatils. Températures élevées et fort ensoleillement favorisent donc sa formation.

Au total, 16 jours d’épisodes de pollution à l’ozone ont été constatés en Île-de-France au cours de l’été, avec une précocité et une durée inédites.

Des épisodes nombreux, mais des niveaux moins élevés qu’il y a vingt ans

Par sa fréquence, la pollution à l’ozone observée cet été rappelle l’été caniculaire de 2003. Une différence importante apparaît toutefois : les concentrations maximales atteintes sont aujourd’hui moins élevées.

Le maximum horaire enregistré au cours de l’été 2026 a atteint 240 µg/m³ le 27 juin, contre 282 µg/m³ lors de la canicule de 2003. Dans les années 1990, des concentrations maximales dépassant 300 µg/m³ avaient même été mesurées en Île-de-France.

Cette évolution s’explique notamment par la diminution sur le long terme des concentrations de certains précurseurs de l’ozone, grâce aux politiques publiques mises en place pour améliorer la qualité de l’air. L’été 2026 montre néanmoins que des conditions météorologiques particulièrement chaudes et ensoleillées peuvent toujours entraîner de nombreux épisodes de pollution à l’ozone.

Des concentrations très élevées en particules à proximité des incendies

Autre fait marquant de l’été : les nombreux incendies survenus en France, favorisés par la chaleur et la sécheresse. Leurs fumées peuvent transporter d’importantes quantités de particules et dégrader fortement la qualité de l’air, en fonction notamment de la distance au feu et des conditions de vent.

Lors de l’incendie de Fontainebleau, Airparif a ainsi mesuré le 14 juillet 393 µg/m³ de particules fines sur une heure à la station de mesure de Recloses (77), située à environ 5 km des incendies. Il s’agit de la deuxième plus forte concentration horaire en particules fines mesurée par Airparif depuis vingt ans.

L’impact des fumées a également été observé à Bois-Herpin (91), à une vingtaine de kilomètres, mais n’a pas atteint l’agglomération parisienne. À l’inverse, malgré leur ampleur, les incendies de Gironde n’ont pas eu d’impact significatif sur la qualité de l’air francilienne cet été, en raison notamment des conditions de vent.

Qualité de l’air et changement climatique : des enjeux liés

L’été 2026 illustre les liens étroits entre météorologie, changement climatique et qualité de l’air. Chaleur et fort ensoleillement favorisent la formation d’ozone, tandis que chaleur et sécheresse créent des conditions propices aux incendies, dont les fumées peuvent à leur tour entraîner de fortes concentrations de particules.

Selon Météo-France, un été comme celui de 2026 aurait été quasi impossible sans le changement climatique d’origine humaine. Les températures moyennes observées cet été correspondraient à celles d’un été ordinaire dans une France à +4 °C.

Ce bilan souligne ainsi l’importance de prendre en compte les effets du changement climatique dans la surveillance de la qualité de l’air. Il montre également les bénéfices des politiques menées pour réduire les émissions de polluants : malgré des températures records et de nombreux épisodes, les concentrations maximales d’ozone restent nettement inférieures à celles observées il y a plusieurs décennies.

L’ozone étant lui-même un gaz à effet de serre, pollution de l’air et changement climatique entretiennent par ailleurs des interactions multiples. Retrouvez-les dans notre Airparif Dossier consacré aux liens entre qualité de l’air et changement climatique.