Airparif publie une nouvelle étude évaluant les effets sur la qualité de l’air de deux évolutions récentes de la circulation et de l’espace public parisien : la mise en place de la zone à trafic limité (ZTL) de Paris Centre et le réaménagement de la Porte Maillot.
La qualité de l’air s’améliore sur le long terme à Paris. Une précédente étude d’Airparif avait notamment montré que les politiques publiques ciblées sur le trafic routier expliquaient 80 % de la baisse de l’exposition des Parisiens au dioxyde d’azote entre 2012 et 2022. Cette nouvelle évaluation s’intéresse aux effets plus locaux et récents de deux aménagements : la ZTL de Paris Centre, à l’échelle de plusieurs arrondissements, et le réaménagement de la Porte Maillot, à une échelle plus localisée.
Cette évaluation est soutenue par Breathe Cities, initiative mondiale mise en œuvre par Bloomberg Philanthropies, Clean Air Fund et C40 Cities.
Dans la ZTL, une baisse du trafic et des concentrations de dioxyde d’azote
Mise en œuvre en novembre 2024, la zone à trafic limité de Paris Centre vise notamment à réduire le trafic de transit dans le centre de la capitale. L’étude d’Airparif met en évidence une diminution du trafic routier dans l’ensemble des zones étudiées, particulièrement marquée à l’intérieur de la ZTL, où elle atteint 18 %. La baisse est de 10 à 12 % dans la zone péricentrale et dans le reste de Paris intramuros, et de 8 % sur les axes structurants situés à proximité immédiate de la ZTL.
Cette évolution du trafic s’accompagne d’une diminution moyenne d’environ 1 µg/m³ des concentrations de NO₂ sur l’ensemble des zones étudiées à Paris. Cette baisse est liée à la fois à la mise en place de la ZTL et aux aménagements locaux réalisés par la Ville de Paris entre 2023 et 2025. Sur certains axes directement concernés par la réduction du trafic, les effets sont plus marqués : boulevard Morland, par exemple, les concentrations de NO₂ diminuent de 2 à 5 µg/m³.
Des augmentations ponctuelles de trafic sont observées sur quelques axes, notamment les boulevards Poissonnière, Bonne Nouvelle et Saint-Germain. Elles ne se traduisent toutefois pas par une dégradation de la qualité de l’air. D’après l’étude, leurs effets sont compensés par l’effet global de la ZTL et par les autres politiques publiques déployées simultanément pour réduire les émissions liées au trafic routier.
Concernant les particules fines, l’étude ne met pas en évidence d’évolution notable des concentrations. À la différence du NO₂, fortement lié au trafic routier à proximité des axes, les particules proviennent d’un ensemble plus diversifié de sources d’émissions. L’effet d’une mesure portant uniquement sur le trafic routier est donc plus limité sur leurs concentrations.
Porte Maillot : des effets observés à une échelle très locale
L’étude évalue également les conséquences du réaménagement de la Porte Maillot. Ce second cas permet d’étudier les effets sur la qualité de l’air d’une transformation plus localisée de l’espace public.
Depuis les travaux, le volume de trafic a diminué de 29 % par rapport à la situation antérieure. Cette évolution s’accompagne d’une baisse des concentrations de dioxyde d’azote sur l’ensemble du secteur étudié. Les améliorations sont particulièrement marquées au niveau de la place de la Porte Maillot, de l’avenue de la Grande Armée et de la portion attenante du boulevard périphérique.
Comme pour la ZTL, les effets sur les concentrations de particules fines sont plus limités, en raison de la diversité de leurs sources d’émissions.
Évaluer les politiques publiques pour objectiver leurs effets
Ces deux études illustrent l’intérêt d’évaluer les politiques de mobilité et les aménagements urbains à différentes échelles. La méthodologie employée par Airparif permet d’estimer l’impact des évolutions du trafic sur la qualité de l’air en les distinguant d’autres facteurs susceptibles de faire évoluer les concentrations, tels que les conditions météorologiques, les normes de motorisation des véhicules ou l’évolution des autres sources de pollution.
Les résultats obtenus montrent que les politiques de réduction du trafic routier contribuent à diminuer les concentrations de dioxyde d’azote et l’exposition des populations dans les secteurs concernés. Ils mettent également en évidence l’intérêt d’une analyse à différentes échelles afin d’identifier les effets locaux des aménagements, y compris les éventuels reports de trafic, et de mieux comprendre leur contribution à l’amélioration de la qualité de l’air.
Ces évolutions s’inscrivent plus largement dans une amélioration de la qualité de l’air observée sur le long terme, sous l’effet combiné de politiques publiques mises en œuvre aux échelles européenne, nationale et locale.