Airparif a effectué de février à avril 2022 une campagne de mesure des particules ultrafines à Paris, menée avec la Ville de Paris et Bloomberg Philanthropies. Les particules ultrafines sont des particules solides présentes dans l’air dont le diamètre est inférieur à 100 nanomètres (c’est-à-dire 1000 fois plus fin qu’un cheveu). Ces particules de très petite taille sont des polluants de l’air dont l’impact sanitaire fait consensus – plus les particules sont de petite taille, plus elles sont dangereuses pour la santé – mais qui ne sont pas encore réglementés et dont les sources d’émissions sont mal connues à Paris.


Dans Paris, les particules ultrafines ont été mesurées pendant la campagne de mesure à des niveaux deux à deux fois et demie plus élevés le long des axes de circulation surveillés (21 900 particules.cm-3 le long du boulevard Haussmann, 25 600 particules.cm-3 le long du Boulevard Périphérique Est) qu’au loin des axes de circulation dans une zone urbaine du 18e arrondissement (entre 9 900 et 10 800 particules.cm-3). L’analyse de la composition chimique des particules ultrafines montre que ces particules ultrafines provenaient du trafic routier, mais aussi du chauffage au bois et de la transformation de gaz polluants dans l’atmosphère.


Cette campagne de mesure fait partie des travaux menés par Airparif pour renforcer les connaissances sur les particules ultrafines, des polluants non réglementés et nocifs pour la santé, comme le préconisent l’ANSES et l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Ces travaux ont pour visent à mieux comprendre la variabilité spatiale et temporelle de ce polluant de l’air dans la capitale, dans l’optique d’en améliorer progressivement la surveillance, conformément aux propositions en cours dans le cadre de la révision de la directive européenne sur la qualité de l’air ambiant.


Cette étude a été complétée l’été dernier par une seconde campagne de mesure qui vise à mieux comprendre, en l’absence de l’influence du chauffage au bois, les variations des niveaux de particules ultrafines au cours de l’année, et donc l’exposition des Parisiens à la pollution chronique aux particules ultrafines. Afin d’améliorer la compréhension des facteurs d’influence des émissions de particules ultrafines provenant du trafic routier, elle a utilisé une caméra de reconnaissance de véhicules pour analyser les niveaux de particules ultrafines mesurés en fonction des types de véhicules en circulation ainsi que leur vitesse.  Si l’expérimentation est concluante, elle permettra d’analyser les niveaux de particules ultrafines au regard de la nature du trafic routier et d’affiner la compréhension des variabilités temporelles observées. Les résultats feront l’objet d’un second rapport qui sera publié en 2024.